Formation : Comprendre les stratégies des mouvements radicaux pour lutter contre la radicalisation et l’endoctrinement des jeunes

L’ASTU propose une formation du 7 novembre 2015 au 9 janvier 2016 : Comprendre les stratégies des mouvements radicaux pour lutter contre la radicalisation et l’endoctrinement des jeunes.

Contexte :

Depuis plusieurs années, nous constatons une radicalisation des jeunes ou des moins jeunes dans une affirmation identitaire, particulièrement accentuée autour de l’Islam. Les jeunes se reconnaissent dans des causes liées au contexte national et international. Les événements de ce début d’année ont mis en lumière des clivages importants, ainsi que l’extrême complexité des enjeux.

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Dans de nombreux endroits les acteurs éducatifs ont été dépassés par des réactions d’élèves allant à l’encontre de l’émotion suscitée autour de Charlie Hebdo. Il apparaît que les besoins de formation sont importants car les professionnels (enseignants, animateurs, éducateurs) ne sont pas suffisamment outillés pour répondre à l’urgence des défis. Certains jeunes s’expriment dans un langage violent au quotidien. Il n’existe pas de véritables lieux d’échange dans les espaces éducatifs où les points de vue peuvent être confrontés.

Il paraît important de permettre aux jeunes de réfléchir au sens de certains propos véhiculés, au sens des affirmations identitaires, aux impacts de leur usage des réseaux sociaux.

L’importance des acquis démocratiques et de la liberté d’expression, les dangers des méthodes et systèmes totalitaires doivent pouvoir être débattus à l’école et dans les lieux fréquentés par les jeunes. Depuis plus d’un an, l’ASTU est engagée dans le collectif contre l’endoctrinement des jeunes de la Meinau (suite au départ et à la mort en Syrie de deux jeunes adultes). Ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe un terrain propice à la propagation d’idées radicales auprès des jeunes (garçon ou filles).

Nous avons observé une radicalisation des propos et une remise en question des institutions en janvier 2014 avec la première journée de retrait de l’école contre la prétendue théorie du genre. Malheureusement cette initiative a été très suivie et relayée auprès des populations de culture musulmane.

C’est pourquoi l’ASTU s’est fortement engagée pour dénoncer le contenu des JRE, pour établir un lien entre les familles et les écoles notamment en organisant des réunions dans les établissements scolaires. Ceci nous a montré la nécessité de faire un travail avec les équipes éducatives et de faire un travail de sensibilisation auprès des familles dont les enfants présentent certaines vulnérabilités.

Suite aux événements de Charlie Hebdo, nous avons été sollicités par certains établissements scolaires pour animer des débats ou réfléchir à comment contrer les formes de radicalisation, éviter la propagation des théories du complot, et être capable de faire la différence entre information, propagande, interprétations, apologie… Lors de ces interventions, nous avons remarqué la nécessité et l’urgence de poursuivre ce travail auprès des élèves, dans une démarche qui s’appuie sur des valeurs claires qui permettent de consolider le mieux vivre ensemble et la liberté d’expression.

Public : 

A destination des professionnels (enseignants, animateurs, éducateurs, travailleurs sociaux, adulte-relais, médiateurs ) et des bénévoles associatifs.

Méthodes pédagogiques :

Nous voulons permettre aux adultes qui sont amenés à travailler avec les jeunes exposés au radicalisme d’adapter leur attitude professionnelle. A partir de leurs expériences et de leur vécu, nous chercherons à analyser les pratiques, à croiser des regards pour construire un savoir, un savoir-être, un savoir-faire. Par le biais de différents intervenants spécialisés, il s’agira de consolider les connaissances des problématiques et leur extrême complexité. Un travail d’analyse sera mené pour affiner les connaissances de l’environnement social, culturel, politique psychologique et religieux des jeunes et de leur famille. Nous chercherons à mettre à profit les apports des méthodes de pédagogie active, susceptibles d’impliquer chaque acteur pour une prise de conscience à la fois individuelle et collective afin de construire une relation éducative positive à la citoyenneté qui se distingue de l’injonction morale et préceptrice.

Coût et modalité

Cette formation est totalement financée par l’Etat en lien avec le dispositif de la prévention de la radicalisation du fonds interministériel. L’inscription est gratuite mais elle est obligatoire auprès de l’ASTU. Une attestation de présence sera délivrée à la fin de formation.

Contenu :

Samedi 7 novembre de 9h à 12h

Intervenants : Professeur Samim Akgönül et Christine Panzer

  • Définition de la problématique et analyse du contexte ;
  • Enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels ;
  • Constats et analyses personnels et professionnels de la situation au regard des informations médiatiques et publiques.

Samedi 14 novembre de 9h à 12h

Intervenants : Docteur Bertrand Piret et Muharrem Koç

  • Processus individuel et psychologique des personnes glissant vers la radicalisation
  • De l’individu au collectif, de l’identité à l’identification : comment les jeunes s’emparent de la cause des prédateurs du jihad.

Samedi 12 décembre de 9h à 12h

Intervenants : Professeur Gilbert Vincent et Professeur Samim Akgönül,

  • Place de la religion dans les parcours de radicalisation : sacralisation contre interprétation ;
  • Connaissance des différents groupes radicaux et de leurs fonctionnements ;
  • L’islâm et sa lecture par les différents groupes ;
  • Les enjeux régionaux et la situation au Moyen Orient.

Samedi 19 décembre de 9h à 12h

Intervenant-e-s : Christine Panzer, Pierre Greib

  • Comment déconstruire les arguments fondés sur les convictions pour construire le savoir et les connaissances ;
  • L’impact des réseaux sociaux et l’analyse de l’information ;
  • Comment traiter une information et comment vérifier la source de l’information ;
  • La question des théories de complot et la gestion de la transmission de l’information.

Samedi 9 janvier 2016 de 9h à 12h

Intervenants : Haydar Kaybaki, Paul Masotta
• Quelle est la place de l’Education populaire et quelles sont les pratiques éducatives envers les jeunes concernés par la radicalisation ? Quelle est le positionnement de l’adulte (éducateur, animateur, enseignant, militant associatif…) face aux jeunes ?

Plus de renseignement auprès de l’ASTU

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ASTU – Actions Citoyennes Interculturelles 
13A, rue du Hohwald – 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 32 98 32

Courriel: astu@astu.fr

 

(Photo © FlickR – CC)

A la rentrée, le site de l’ASTU fait peau neuve

Les vacances s’achèvent. C’est la rentrée : les actions habituelles reprennent et des nouvelles voient le jour pour agir au quotidien par volonté citoyenne et interculturelle.

Nous voulions depuis longtemps développer davantage nos outils de communication. C’est chose faite. Nous tâcherons désormais de vous informer le mieux possible de nos actions mais aussi de partager nos analyses, nos réflexions et nos prises de positions.

Merci à Emmanuel Jacob pour sa précieuse contribution à la mise en œuvre de ce projet !

Afin d’enrichir nos réflexions et nos propos, nous souhaitons également être davantage au contact de nos membres, de nos amis et de toute personne intéressée par le projet associatif de l’ASTU.

Ce site témoignera de la poursuite de nos engagements pour plus de justice et de nos combats  contre les inégalités. Nous vous informerons des raisons de notre mobilisation. Nous relayerons les informations utiles aux actions et leur compte-rendu.

Dans une période marquée  par des violences de toute nature qui nous interpellent chaque jour, face aux drames inhumains, ce nouvel espace d’échanges  permettra d’exprimer nos idées et nos valeurs.

Restons optimistes et agissons pour que le monde soit plus humain et plus solidaire.

D’ores et déjà, l’automne 2015 s’annonce riche de nombreux événements.  Parmi nos actions régulières, il y a les brunchs mensuels les premiers dimanche de chaque mois, les rencontres thématiques mensuelles. C’est également l’année de la 9ème édition du Festival Strasbourg-Méditerranée et la 4ème édition de la semaine de l’Egalité et de Lutte contre les Discriminations…

Bonne rentrée, bonne lecture et suivez nous !

« Offrons le globe aux enfants »

Un camion en Autriche, l’image d’Aylan, un enfant sans vie sur la plage interpellent notre humanité. Les images et les faits des derniers jours nous ont ébranlés, nous ont pris le sommeil.

Pourtant, depuis plusieurs années, la Méditerranée est meurtrière. Nos manifestations pour dénoncer l’Europe forteresse n’y ont rien fait car les pays les plus riches ont été fermes dans leur réticence à accueillir ces millions de personnes qui fuient la guerre et les atrocités, particulièrement au Moyen Orient.

Par rapport aux pays limitrophes des zones de guerre, l’effort fourni par l’Europe est ridicule et sans conséquence pour la vie des réfugiés de Syrie notamment.

Il faut que ça change. Car dans cette guerre, l’Europe est impliquée et responsable, comme d’autres Etats.

Il s’agit maintenant de prendre ses responsabilités et de réagir avec humanité à une crise sans précédent. Les états doivent prendre des mesures pour assurer la sécurité et l’accueil des personnes qui fuient au péril de leur vie.

Devant cette situation dramatique, révoltante, nous pensons qu’il est temps que les politiques sécuritaires ne tenant compte que des contrôles des frontières changent. La peur et l’indifférence de nos sociétés à la souffrance et à la détresse des personnes fuyant la guerre et la misère, doivent laisser la place à la solidarité et à la responsabilité collective.

Lutter contre les réseaux mafieux qui profitent de cette situation de détresse humaine, passe par la facilitation  de la circulation et l’accès aux pays européens pour la protection des réfugiés.

Les réseaux citoyens doivent manifester plus que jamais leur solidarité à l’égard des réfugiés et les pouvoirs publics doivent organiser sans perdre de temps leur accueil et leur reconstruction.

A notre niveau et au delà du rassemblement d’aujourd’hui, l’ASTU participera à des initiatives citoyennes et collectives et poursuivra son engagement pour que la conscience collective et solidaire soit plus affirmée.

Nous apporterons notre soutien au réseau des villes solidaires et à l’ensemble des initiatives citoyennes susceptibles d’apporter une contribution à l’accueil des réfugiés.

Forte de son expérience, d’accueil, d’accompagnement, riche des expériences de vie de ses membres, l’ASTU contribuera à Strasbourg  à toute initiative prise pour l’humanité et la dignité, l’accueil et la sécurité des réfugiés.

Cela passera aussi par un combat sans concession contre les discours de haine, de rejet qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Il est temps de changer de regard, d’analyse et de représentation sur la réalité migratoire et les enjeux des réfugiés et des exilés.

Il est temps d’accepter et de comprendre que nos sociétés évoluent et deviennent plus riches grâce aux apports  des uns et des autres. Notre capacité d’accueil et de prise de responsabilité en tant que citoyen(ne)s est une responsabilité qui nous rend dignes d’une humanité consciente et solidaire.

Pour que les enfants puissent vivre et pour que les générations à venir grandissent dans la paix, agissons maintenant et soyons solidaire avec les réfugiés, pour que les enfants aient le droit et puissent vivre sereinement.

ASTU- Actions citoyennes interculturelles – Strasbourg, le 5 septembre 2015

Le globe :

Offrons le globe aux enfants
Au moins pour une journée
Donnons-leur afin qu’ils en jouent
Comme d’un ballon multicolore,
Pour qu’ils jouent en chantant
Parmi les étoiles.
Offrons le globe aux enfants,
Donnons-leur comme une pomme énorme,
Comme une boule de pain toute chaude
Qu’une journée au moins,
Ils puissent manger à leur faim.
Offrons le globe aux enfants,
Qu’une journée au moins le monde apprenne la camaraderie.
Les enfants prendront de nos mains le globe
Ils y planteront des arbres immortels.

Nazım Hikmet Ran (traduit par Charles Dobzynski)

Migrations et mutations de la société française: Rencontre-débat

MIGRATIONS ET MUTATIONS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE Rencontre-débat
Jeudi 17 septembre 2015 à 18h00
Maison des Associations – Strasbourg (1a place des Orphelins)

Les réalités migratoires ont changé depuis les années 2000 : de nouveaux flux ont entraîné l’installation de populations qui n’ont ni les mêmes profils ni les mêmes modalités d’installation et de relations avec la France que par le passé. D’autres migrations sur le sol hexagonal, plus anciennes, poursuivent leurs parcours complexes et multiformes en interpellant la société sur les points d’achoppement de leur intégration. (…)
Conçu à destination des étudiants, jeunes chercheurs, acteurs de terrain, mais aussi de tous ceux qui veulent s’informer, s’initier ou approfondir leurs connaissances sur les migrations en France, cet ouvrage constitue une ressource indispensable à l’action et à la réflexion.

A l’occasion de la diffusion de l’ouvrage collectif* Migrations et mutations de la société française, l’Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville (ORIV), en partenariat avec l’ASTU (Actions citoyennes interculturelles), accueille :

– Stéphane de Tapia (géographe, CNRS – CSE,
Strasbourg) qui a contribué à cette publication par un article sur « L’immigration turque en France. Ancrages territoriaux et identités composées »

– Marie Poinsot (rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations), qui a codirigé cet « Etat des savoirs » avec Serge Weber et a proposé également une contribution sur « L’accueil des migrants, une politique publique en structuration ».

Ensemble, ces deux intervenants vont mettre en lumière les particularités de l’immigration d’aujourd’hui et questionner les dimensions alsaciennes de son implantation.

Entrée libre

* POINSOT Marie dir., WEBER Serge dir., Migrations et mutations de la société française. L’état des savoirs, Paris, La Découverte, 2014, 349 p.

Faire front partout contre la barbarie et l’idéologie qu’elle incarne !

Communiqué de presse :

L’année 2015 est une année terrible. Après la France, la Tunisie, le Danemark, à côté des horreurs quotidiennes commises en Irak, en Syrie et en Afrique, c’est la Turquie qui est frappée au cœur.

Nous tenons à exprimer notre profonde tristesse suite à l’attentat suicide qui a fait une centaine de blessé-e-s et a fauché la vie de 32 personnes le 20 juillet à Suruç. Ils et elles étaient plein d’entrain et d’idéaux, venu-e-s là chargés de jouets et de matériel, des projets d’animation plein la tête pour se rendre à Kobané de l’autre côté de la frontière, cette ville meurtrie mais résistante.

Nous affirmons notre solidarité avec les familles et les organisations touchées par la barbarie de cet attentat terroriste

Nous dénonçons cet acte de barbarie qui n’avait pour seul but que de tuer et de semer la terreur. Nous dénonçons l’idéologie de DAESH et ses méthodes et les complicités opportunistes. Ce mouvement distille la haine et le rejet de l’autre et se rend coupable de crime contre l’humanité.

Face à l’horreur et à cette armée du crime, nous affirmons la nécessité de faire front partout contre la barbarie et l’idéologie qu’elle incarne.

ASTU Actions citoyennes interculturelles

« Comprendre les discriminations, ses mécanismes, son impact et comment agir »

Dans le cadre de la Semaine de l’Egalité et de Lutte contre les Discriminations, l’ASTU (Actions citoyennes interculturelles) consacre son petit-déjeuner mensuel à un temps d’échange autour du thème :

« Comprendre les discriminations, ses mécanismes, son impact et comment agir »

le dimanche 04 octobre 2015 de 9h30 à 11h30 à la Résidence des Arts 13a, rue du Hohwald 67000 Strasbourg.

Qui ne s’est jamais senti victime d’une discrimination ? Quel est l’impact d’une discrimination sur notre attitude quotidienne. Comment (ré)agir lorsque nous y sommes confrontés ?

A partir des témoignages des participants, nous essaierons de décoder les mécanismes de l’acte de discriminations pour dégager des moyens susceptibles d’y faire face.

De l’individuel au collectif, comment pouvons-nous réfléchir pour trouver des stratégies de lutte contre les discriminations ?

Ce sera l’occasion de partager nos vécus et nos expériences.

Entrée libre au débat

Participation de 4€ pour les adultes/3€ pour les enfants pour le petit-déjeuner.

Projection/débat autour du documentaire « La Quête 1915-2015 » de Claire Koç

L’ASTU – Actions citoyennes interculturelles – poursuit ses actions en lien avec les questions de mémoires et le centenaire du génocide arménien.

Le vendredi 19 juin à 19h15 à la Salle de la Résidence des Arts, 13a rue du Hohwald à Strasbourg, nous accueillerons la journaliste Claire Koç autour de son film documentaire « La Quête 1915-2015 » et nous échangerons après la projection.

« Un siècle après le génocide arménien de 1915, solennellement commémoré le 24 avril à Erevan, les cicatrices n’en finissent pas de se rouvrir.

Et il ne s’agit pas seulement de savoir ce qui s’est passé il y a cent ans, et que continue de nier, malgré quelques avancées, le pouvoir turc d’Ankara ; il s’agit aussi de la cohabitation entre communautés, entre identités multiples, dans la Turquie d’aujourd’hui.

Ce documentaire, « La Quête 1915-2015 », évoque un aspect particulier de ce douloureux dossier : des Arméniens de Turquie que l’on croyait assimilés à jamais, et qui brisent le tabou qui entoure leur origine.

Le 19 juin 2007, l’assassinat du journaliste arméno-turc Hrant Dink a été l’élément déclencheur de leur prise de conscience.

C’est dans ce contexte de tension et d’intimidation que Miran Pirgiç, petit-fils d’arménien, décide de faire son coming out identitaire. Il est suivi par les journalistes dans ce voyage initiatique dans le Dersim, une région de l’est de la Turquie, à l’histoire et au peuplement singuliers. La notion d’identités multiples est très importante dans mon film. »

Claire Koç est journaliste-reporter diplômée de l’École Supérieure de Journalisme de Lille, Elle a fait ses études universitaires au département de Turcologie de Strasbourg.

Frontière imgainaire ou réelle

Nilgün Tutal Cheviron Maitre de conference L’Universite Galatasaray La Faculte de Communication

La relation à l’autre est, par son essence même, une question de frontière réelle ou imaginaire. Pour cerner un peu mieux cette problématique actuelle et large, je formule la question de l’autre dans un cadre bien precis: quel regard des membres d’un pays, donc d’une communaute des semblables ont porté et portent sur l’(les) autre(s) de l’extérieur ainsi que de l’intérieur. Dans le cadre de ce debat, Je pose la question suivante: quel(s) regard(s) les Français portent-ils actuellement sur la Turquie? Pour être plus précis, quelles sont les représentations historiques, culturelles, géographiques et politiques de ce pays qui sont construites par le regard des journalistes français. Par référence à la problématique de l’autre extérieur et de l’autre intérieur, la Turquie semble avoir un statut particulièrement intéressant à l’égard de l’Europe. Elle est tour à tour representéee comme européenne, asiatique et orientale. Cette ambiguité identitaire construite par le regard français de la Turquie a une importance capitale. A partir des relations historiques d’abord du territoire turc, puis de laTurquie avec l’Europe et de sa situation géographique, se formulent des interrogations importantes : comment se dit (ou se pense) le rapport entre terrain -espace d’ordre culturel, historique- et territoire et espace politique- dans l’imaginaire français? De cette façon-là il est donc possible d’observer, les caracteristiques de la prise de parole sur l’Autre par une communauté culturelle, les acquis individuels et sociaux qui se mobilisent par cet acte en faisant rentrer l’imaginaire de chaque culture en jeu. Le rapport entre le terrain et le territoire nous amene au passe greco-romain du territoire turc, qui est sujette a plusieurs types d’evaluation identitaire. Par exemple l’antiquité grecque est signifiée par des notions créées après l’avènement dela modernité. C’est ainsi que l’humanisme, mot porteur de l’idéologie d’une époque (de la Renaissance, qui défendait contrela scolastique le retour à l’Antiquité grecque et romaine) est utilisé comme l’étiquette signifiante, qui donne à la fois une identité à l’Antiquité grecque et une autre à l’Europe. Ainsi, le terme de cité-Etat est substitué à l’Etat moderne. Tous les deux sont opposés au système oligarchique, et la laïcité antique et moderne s’oppose à la scolastique. De ce fait, la cité grecque est représentée comme le meilleur modèle dans les domaines politique et culturel. Ce modèle est aussi valorisé comme celui dans lequel «le peuple» s’épanouit tant sur le plan culturel qu’économique. Par ces constructions imaginaires de l’Antiquité grecque, le mythe grec est revitalisé. Le monde grec antique devient le représentant de la démocratie. Josep Fontana, historien, explique ce que pouvait signifier pour les Grecs anciens la démocratie athénienne: «(P)our les Grecs, la liberté n’a jamais été liée au respect de la liberté d’autrui. Le stéréotype d’une polis grecque habitée par des citoyens libres participant collectivement au gouvernement n’est qu’un mirage.” Selon cet auteur, cette exaltation de la Grèce antique méconnaît les faits qui ont rapport à l’esclavage, l’opposition entre la ville civilisée, cultivée et la campagne fruste et enfin la subordination des femmes. De plus, la cité grecque faisait une distinction effective entre les riches et les pauvres. Comme ces derniers n’ayant aucun droit politique, remarque le même auteur, «Hérodote lui- même était à Athènes un étranger privé de tels droits. Des mots comme “liberté” et “démocratie”, n’avaient pas, à Athènes, les mêmes sens que pour nous» (1995:9-11) C’est cet imaginaire de l’Europe sur l’Antiquite grecque qui est au service de la vision européenne sur l’identité européenne ou asiatique de la Turquie. Donc comment peut-on définir la notion d’imaginaire culturel? Il est le lieu des représentations largement distribuées dans une communauté culturelle qui l’habitent de façon durable. En font parties les mythes, les légendes populaires, les conceptions religieuses de toute sorte, les conceptions morales etc. Tout ces éléments sont constructifs de la mémoire imaginaire, produit de l’histoire et des rapports entre groupes ethniques ou nationaux. En interrogeant cet imaginaire, je vais essayer de répondre à la question de savoir dans quel sens les frontières sont plus imaginaires que réels entre la Turquie et la France/l’Europe.

L’identite geographique, culturelle ou imaginaire D’Istanbul à la Turquie
La présentation de la Turquie comme un pays géographiquement européen ou asiatique n’est pas stable. On voit souvent surgir l’expression «la Turquie est aux portes de l’Europe». La Turquie est présentée comme un pays à la limite de l’Europe. Une autre expression comme “Diyarbakir, frontière de l’Orient» et la «Turquie sera, en l’an 2010, le pays le plus peuplé del’Europe» inscrivent toute la Turquie dans l’espace géographique européen parce que c’est au-delà de la ville de Diyarbakir que commence l’Orient. Devenant ainsi par sa situation geographique europeenne, ses villes de l’Est telles que Urfa, Gaziantep sont vues comme les premieres villes d’Europe en comparison aux villes syriennes. Là changent les criteres de l’identite, devenant plutot culturelles. A partir d’une comparaison entre la Turquie et la Syrie, on constate que l’organisation douanière, les panneaux écrits en caractères latins, l’urbanisation sont les signes visibles de la différence entre ces deux pays. Ainsi, la Turquie est vue comme un pays culturellement européen. D’autres expression disent autrement l’identite de la Turquie. Par exemple elle est «en marge du continent» européen. Ce qui veut dire que la Turquie se situe géographiquement là où s’arrêtent les frontières de l’Europe. Ou bien un autre discours dit ceci: «De la partie strictement européenne de leur ancien empire, les Turcs n’ont conservé qu’Istanbul et un petit bout de Thrace. Mais qu’importe la géographie face au verdict de l’Histoire…. Les paysages plaident eux aussi en faveur de l’Europe.». L’identité géographique de la Turquie est certes évaluée selon la frontière qui sépare Europe et Asie, et qui est placée ici à la hauteur de la mer de Marmara et des détroits. Par la prise en compte de cette frontière, seule une petite partie du territoire turc appartient vraiment au continent européen. Cependant, cette mise en évidence de l’identité géographique de la Turquie ne fait pas d’elle un pays éloigné du continen européen. Au contraire, par la similitude des paysages, les territoires à l’Est du Bosphore s’inscrivent dans l’Europe. On peut faire deux constats. Le premier consiste dans le fait que la Turquie est présentée tantôt comme un pays géographiquement européen, tantôt comme celui à partir duquel commence l’Asie. Le second est que, selon les critères d’identité culturelle, la Turquie apparaît comme appartenant à l’Europe. Josep Fontana, historien, précise que la frontière de l’Europe avec l’Asie «répondait à des critères culturels plutôt que géographiques» (1995:9). La vision traditionnelle sur les frontieres concernant celle de l’Europe avec la Turquie est sujette à l’évolution.

Istanbul entre Europe et Asie
Une singulière trinité: Byzance, Constantinople, Istanbul -le passage obligé d’un continent à l’autre, le croisement de deux univers, une «Sublime Porte». D’abord, ce lieu de passage obligé marque la frontière qui sépare l’Europe de l’Asie et, par conséquent, la Turquie de l’Europe. C’est donc seulement la moitié d’Istanbul, sa rive européenne, qui s’inscrit dans le continent européen. A l’origine de cette frontière se trouvent les guerres médiques qui ont opposé les Grecs à l’Empire Perse entre 490 et 479 av. J.-C. Elle représente la distinction entre les Grecs “civilisés” et les Perses “sauvages”. A ce sujet, Josep Fontana, historien, met l’accent sur l’appropriation de cette frontière par les Européens. Par l’installation de cette frontière, il a été possible pour les Grecs de se regarder comme les représentants de la Civilisation. Construite par l’exclusion des Perses de la Civilisation, cette frontière marquait la ligne de démarcation entre la Grèce “civilisée” et l’Orient “sauvage”. Selon cet auteur, cette définition culturelle de la dite frontière est récupérée par les Européens de la fin du XVIII siècle et du début du XIXe siècle (1995:9-11). C’est en fait cette frontière qui se trouve au centre du discours porté sur Istanbul. Et se pose la question de savoir quel est actuellement le statut assigné à cette ville: est-il toujours constitué sous l’influence de cette frontière? Les allusions répétées mettent l’accent sur la situation géographique de la ville. Etre le lieu de convergence de deux continents, leur lieu de jonction, comme le représente le titre du numéro spécial de Géo consacré à Istanbul: «Istanbul au confluent de l’Europe et de l’Asie» . Telle est la mission géographique assignée à Istanbul. C’est de là que la fascination pour cette ville tire sa source. C’est à partir de là aussi que se formule la perception de la ville. Il suffit de suivre les articles concernant Istanbul pour constater que Byzance, Constantinople, Istanbul ont pour première propriété d’être situées entre deux continents. Les références aux traits d’ordre géographique et historique de la ville viennent de son statut frontalier. Celui-ci est défini par l’énoncé le plus fréquemment utilisé, qui affirme qu’Istanbul se situe “entre l’Orient et l’Occident” ou entre “l’Europe et l’Asie”. Le titre d’un article publié dans Géo présente, par exemple, la ville comme une porte entre deux continents. Etre entre deux continents: telle est la description la plus fréquente de la ville d’Istanbul. Elle est aussi un «fabuleux carrefour” dans le sens où elle est lieu de commerce, de retrouvaille comme une metrople internationale. On peut constater que les caractéristiques assignées à Istanbul -lien entre l’Asie et l’Europe, lieu de rencontre, commerciale ou culturelle, des continents et des peuples – font l’objet des evaluations differentes.. Aussi faut-il remarquer que convoquées d’une façon toute aussi légitime que naturelle, ces caractéristiques font l’objet de différentes perceptions et significations. Dès lors que le discours est construit pour mettre en évidence qu’Istanbul est actuellement le lieu vers lequel se tournent seulement les peuples d’Asie centrale et du Caucase, sa description comme une ville qui avait assumé le rôle de lien entre l’Europe et l’Asie ne devient plus applicable qu’à Constantinople et à l’Istanbul ottomane. Ce qui implique que dans l’identification actuelle de la ville, la caractéristique d’être le carrefour où se réalise la rencontre de différents peuples est certes actualisée. Mais, selon ces arguments, Istanbul ne sert de lieu de rencontre qu’aux peuples d’Asie. Ce sont ces arguments qui font d’Istanbul une ville dont l’identité relève plutôt de l’Asie. Lorsque l’accent est mis sur le fait que c’est Constantinople qui redevient le carrefour pour les différents peuple d’Europe et d’Asie, Istanbul se trouve reliée à son passé romain et byzantin. Elle retrouve ainsi son identité à la fois européenne et asiatique. Il faut remarquer que pour qu’Istanbul soit ainsi valorisée comme le lieu de rencontre et d’échange entre deux continents, l’usage de son nom romain semble s’imposer. Ce qui implique que pour les Français d’aujourd’hui, la ville d’Istanbul continue d’être la ville romaine et byzantine qu’elle était jusqu’à l’an 1453. Cependant, même après la prise de Constantinople par l’Empire ottoman, la ville avait continué de faire cohabiter différentes cultures, d’Europe et d’Asie. Il s’agit là, par l’usage de la dénomination Constantinople pour désigner Istanbul, d’une assimilation de l’époque ottomane de la ville à celle romaine et byzantine. Par sa position géographique, Istanbul est vue cette fois comme penchant parfois vers l’Occident, parfois vers l’Orient. Elle n’est donc pas seulement située entre deux continents. Elle est aussi elle-même divisée en deux parties, occidentale et orientale. Dans cette division, Il ne s’agit pas non plus d’une simple proximité géographique, faisant d’elle une cité à la fois européenne et asiatique. Elle subit, selon les arguments, tantôt l’influence européenne, tantôt l’influence asiatique. L’interrogation principale de savoir si cette ville est sous l’influence de l’Occident ou de l’Orient. Cette interrogation se fonde toujours sur le constat que cette ville a des aspects aussi bien européens qu’asiatiques. Et ce constat a toujours pour point de départ le passé et la position géographique de la ville. Son histoire et sa situation géographique lui valent aussi l’assignation d’adjectifs tels que «débordant», «extravagant». A cause de ses caractéristiques historiques et géographiques, Istanbul ne tardera pas à devenir «un non lieu». Istanbul est ainsi définie comme une ville «qui déborde sur les deux rives du Bosphore et de la mer de Marmara, en Europe et en Asie». Cette définition met l’accent sur le fait que cette ville n’appartient pas géographiquement à un seul continent. Elle méconnaît donc la frontière qui sépare l’Europe de l’Asie. Sa situation géographique est considérée comme transgressive parce que son identité géographique défait perpétuellement les critères qui séparent un lieu d’un autre. Cette identité géographique transgressive est vue dans un autre discours comme excentrique: «Une capitale extravagante perpétuellement en quête d’un continent -ou d’un empire à sa mesure.» La ville se trouve caractérisée par l’excentricité. En suivant l’usage de l’adjectif «extravagant», on constate qu’à cette ville manque un axe de référence. Du fait qu’elle est située entre deux continents, ni l’Europe ni l’Asie ne peuvent jouer pour elle le rôle de cet axe de référence. C’est grâce à un point de référence qu’un lieu trouve son identité. Lorsqu’il s’agit d’Istanbul, la définition d’une identité s’annonce difficile. Cette difficulté ne vient pas seulement de la situation géographique d’Istanbul. Liée à celle-ci, l’histoire lui avait confié le rôle d’être la capitale, d’abord de l’Empire byzantin, puis de l’Empire ottoman. Ces deux empires qui possédaient des territoires aussi bien en Europe qu’en Asie, avaient fait d’Istanbul le centre administratif de leur territoire. En référence à ce passé impérial, la quête d’une identité unifiée est assignée à la ville. Celle-ci se traduit en termes de recherche d’un continent. Puisque cette ville est à la fois européenne et asiatique, elle est représentée comme étant motivée, depuis la perte de son identité impériale, par la recherche de l’appartenance à un seul continent. Le rappel de l’identité impériale d’Istanbul trahit l’argument selon lequel la ville est trop grande pour appartenir à un Etat non impérial. Elle est même un peu trop grande pour un seul pays. Faute d’une solution qui la fera appartenir à un Etat impérial et conquérant, l’Istanbul d’aujourd’hui est vue comme une ville à la recherche de son passé. Le fantôme du passé impérial de cette ville et sa recherche d’appartenance à un seul continent permettent de faire de cette ville un lieu hors du normal. Une désignation qui n’a rien de surprenant dès lors que Constantinople et Stamboul ont déjà été décrites comme une ville sans pareil au monde. La perception d’Istanbul en tant que non lieu devient manifeste. L’étrangeté de la ville lui est assignée par référence à l’ambition démesurée des empereurs romains et ottomans: «Ici, ce n’est déjà plus Europe et pas encore vraiment l’Asie. C’est le milieu de nulle part, le rendez-vous de deux continents, le creuset et la projection de toutes sortes de rêves fous, de la mégalomanie de Justinien aux délires paranoïaques du Sultan Rouge, des ferveurs de Constantin à celles de Bajazet, lequel s’était juré de donner un jour à manger à son cheval sur l’autel de Saint-Pierre de Rome, rien que ça».Le caractère impérial de la ville revient explicitement s’installer au centre du discours. De l’Empire romain à l’Empire ottoman, la ville continue d’être le lieu à partir duquel sont conçus les projets de conquête territoriale. Parce que la ville d’Istanbul se trouve à la fois sur les continents européen et asiatique que les empires successifs qui l’ont possédée sont animés par le désir de conquête soit de l’Asie, soit de l’Europe. En référence à cette situation géographique, la ville elle-même et ces empires sont caractérisés par des ambitions excessives. En suivant les arguments, on constate qu’ils frôlent la folie, ils tombent dans le champs de ce qui n’est pas normal. Ils sont à la recherche d’une sorte de toute-puissance, avec laquelle se formule aussi l’ambition de régner sur deux continents à la fois. Si la ville méconnaît la frontière qui sépare l’Europe de l’Asie, les empires qui en font leur capitale deviennent aussi les transgressants de cette frontière. Par rapport à son passé impérial et à son identité géographique ambivalente.- la ville d’Istanbul est représentée comme le lieu du tout possible. Le discours actuellement tenu sur Istanbul n’a pas recours à la signification que les Grecs de l’Antiquité donnaient à la frontière qui séparait d’abord l’Europe de l’Asie, puis les Grecs “civilisés” des Perses “non civilisés”. Cependant, cette position géographique continue d’inspirer les discours europens tenus sur la Turquie. A partir de l’évaluation de celle-ci, ces discours interprètent l’identité de la ville d’Istanbul et de la Turquie comme celle qui représente la transgression d’une ligne de démarcation entre les continents européen et asiatique.

RENCONTRE DÉBAT AVEC DES TÊTES DE LISTES DE DIFFÉRENTS SENSIBILITÉS POLITIQUES LE JEUDI 13 FÉVRIER A 19H

Dans le cadre de ses activités associatives et dans l’objectif de contribuer au débat public, l’ASTU (Action Citoyennes interculturelles) organise une rencontre débat le jeudi 13 février 2014 à 19h dans ses locaux au 13 a rue du Hohwald à Strasbourgavec des têtes de listes de différents sensibilités politiques se présentant aux élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Ce débat sera animé par les jeunes de l’ASTU en présence de : • Monsieur Roland Ries candidat du PS et Maire sortant, • Mme Fabienne Keller, candidate de l’UMP (sous réserve de confirmation) • Monsieur Alain Jund, candidat de l’EELV • Monsieur François Loos, candidat de l’UDI • Monsieur Jean-Claude Val, candidat de Front de Gauche

Nous mènerons un débat avec les candidats autour de quatre questions principales touchant : 1. au mieux vivre ensemble, à l’immigration et à la citoyenneté locale, 2. à la vie associative, 3. à la jeunesse et à l’éducation, 4. à la politique culturelle.

Ce débat est ouvert au public dans les limites des places disponibles. Les participants pourront également poser des questions aux différents candidats.

Pour plus d’informations : Le Directeur, Muharrem Koç Tél. 03 88 32 98 32 / muharrem.koc@astu.fr

Rencontre thématique : « la question des origines » avec Paul Masotta

le mercredi 03 avril à 19h à l’ASTU 13 a rue du Hohwald à Strasbourg

Dans le cadre des ses rencontres thématiques, l’ASTU – Actions Citoyennes Interculturelles organise une rencontre/débat avec Paul Masotta, psychanalyste et formateur à l’ESTES (École Supérieure en Travail Éducatif et Social) sur le thème des origines le mercredi 03 avril à 19h à l’ASTU 13 a rue du Hohwald à Strasbourg. Ces dernières années, la question de l’identité n’a pas cessé d’être au cœur des débats sur l’immigration, les quartiers défavorisés et la jeunesse des banlieues. Le repli sur soi, le rejet de l’autre, la discrimination, la crise économique et encore bien d’autres raisons font que nous observons une crispation identitaire qui est liée à la question des origines. – Doit-on affirmer son identité par la différence ? – Qu’est ce que l’origine ? – Pourquoi cela devient-il important à certains moments ? – Quelle importance chez les émigrants ? – Que faire pour que les origines ne soient pas un obstacle au devenir ?

Nous vous invitons à participer à cette rencontre pour aborder tous les aspects relatifs au thème des origines. Entrée libre.