• Communiqué de presse : En Turquie, après le coup d’Etat militaire raté, c’est un coup d’Etat civil qui est en œuvre !

    Depuis de longs mois l’ASTU, actions citoyennes interculturelles ne cesse d’exprimer son inquiétude sur la situation en Turquie. Dans un communiqué,  nous avions exprimé notre réjouissance suite à l’échec de la tentative du coup d’Etat du 15 juillet, mais nous avions aussi exprimé notre inquiétude que le gouvernement de l’AKP et d’Erdogan ne choisit une politique de chasse aux sorcières. Les tout récents événements nous confortent dans l’idée qu’en Turquie la démocratie est plus que jamais mise  à mal.

    Le pouvoir a montré en quelques mois que la démocratie ne peut exister que si vous n’êtes pas opposant au gouvernement et au Président. L’ensemble des droits fondamentaux a été mis en suspension au nom d’une situation d’Etat d’urgence. En déniant la légitimité de leurs mandats locaux ou nationaux, le gouvernement n’a aucune retenue pour mettre en prison les élu-e-s de l’opposition. C’est une nouvelle étape qui vient d’être franchie en arrêtant les députés du parti HDP.

    Nous exprimons notre entière solidarité à tous ceux et à toutes celles qui en Turquie œuvrent pour une société ouverte, généreuse, respectueuse des singularités et des diversités culturelles, ethniques, religieuses et politiques.

    Nous exprimons notre entière solidarité à toutes celles et à tous ceux qui en payent le prix fort : avocat-e-s, journalistes, enseignant-es, académicien-ne-s, chercheur-se-s, élu-e-s….

    C’est une purge qui est à l’œuvre depuis cet été, des milliers de personnes ont été suspendues de leurs fonctions. Nous comprenons l’inquiétude de la population.

    C’est clair : l’Etat turc a choisi de passer à la vitesse supérieure avec les gardes à vue des journalistes de Cumhurriyet la semaine dernière et l’arrestation et l’inculpation des député-e-s et des Maires du HDP (parti démocratique des peuples) il y a deux jours. C’est la preuve que la voie sur laquelle s’est engagée le gouvernement turc est périlleuse. C’est une rupture avec la démocratie et l’Etat de droit. Les libertés individuelles, les droits humains, l’indépendance de la justice, la laïcité sont piétinés et bafoués. La polarisation dangereuse des clivages, entretenue par le pouvoir, conduit la Turquie vers une impasse politique.

    Nous sommes inquiet-e-s également des retombées que cette situation peut avoir en France et à Strasbourg. Les clivages existants se creusent, les affirmations identitaires se renforcent, les attaques, les diffamations  et les intimidations ont libre cours. Nous affirmons haut et fort que la démocratie, les droits humains et l’attachement aux valeurs républicaines ne sont pas à géométrie variable.

    Nous espérons que la France et l’Europe sortiront de leur silence et de leur attitude complaisante à l’égard de ce régime. Nous espérons que les forces démocratiques et la voix de la Paix l’emporteront envers et contre tout. Nous demandons que tout soit fait pour que les élu-es, député-e-s et journalistes retrouvent la liberté.

    Strasbourg Le 5 novembre 2016

    Christine Panzer, Présidente, ASTU, actions citoyennes interculturelles.

    13a rue du Hohwald 67000 STRASBOURG

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